Œil du passager : on ne rit pas la maladie [by APOSTO ATCHAM]

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– Kara, Kara ! Kara direct sans escale !
Je cours avec mon petit sac à main puis je demande de nouveau
– Tu as bien dis sans escale ?
– Oui monsieur, tu ne vois pas qu’il ne reste qu’une place ? C’est toi qu’on attendait.
– Kouyiiiii ! Pardon démarre, on va quitter ici. On avait rendez-vous ?
Il se précipite d’entrer puis démarre en trombe. Derrière moi un vieux peulh toussait sans cesse. Sur plus de 10 km, le vieux continuait de tousser. Sa femme qui tenait son enfant, à chaque fois esquivait ses crachats. Je me suis retourné une seconde fois pour bien observer le vieux tousseur. Walayi ! À bien réfléchir, il me faut réunir les symptômes comme un toubib à vu d’œil. Je me résume : un vieux d’une soixantaine, tousse beaucoup, c’est tout ce que j’ai pour le moment. Mais il en manque d’autres. Je vais lui demander s’il a la fièvre. Bon ! Je commence comment ? C’est bon, je me lance.
– Pardon vieux, courage hein ! tu tousses beaucoup, je vois que tu te sens mal. Tu as pris un médicament ?
Il répond de la tête
– Tu as chaud et froid en même temps ? cette fois ci, il tousse fort puis répond :
– yaouwaaaa, Voilà ! comment tu as su ?
Chers lecteurs, un autre symptôme capital vient d’être confirmé par le patient lui-même. Tchieeeee, on est foutu dans ce taxi. Je sors tranquillement mon mouchoir puis, je l’attache tching tching sur mon nez. Je ne parle plus à personne jusqu’à destination.
– Pardon chers passagers, je voudrais faire escale pour manger avant de continuer. J’ai quitté 4h à Atakpamé, et je n’ai rien mangé supplia le chauffeur. Deux passagers de derrière, refusèrent la demande. Sans me retourner, j’ai descendu mon mouchoir puis j’ai dis à haute voix que sa requête est légitime. Il tient nos vies entre ses mains. On a observé alors une pause près d’une mosquée où une bonne dame vendait du bon watchi. Rien qu’à entendre les saveurs, vous pourrez deviner que c’est vraiment un kotokoli qui a préparé. Surtout avec du riz local longs grains cultivé dans les bas fonds de Kpassouadè. Ok, arrêtez de saliver ! je vous décris seulement ce que je vois et vous écarquillez vos yeux derrière vos petits écrans de portable.
La pause fut longue finalement, ce n’était plus le conducteur seul qui avait faim. Moi j’ai beaucoup résisté parce que le vieux était tout prêt de la revendeuse et continuait de tousser sans mouchoir, ni dans son coude comme les règles d’hygiène nous le conseille. N’allez pas vous imaginer que c’est cette maladie là hein. Moi je n’ai rien dit. D’ailleurs vous qui riez là, vous croyez qu’on rit la maladie ? Edjaladjaa ! Faites semblant, continuer de vous moquer des autres. Comme dit-on souvent : l’enfer, c’est les autres. Ces derniers temps sur les réseaux sociaux, hum, c’est déplorable. Les publications sur le colonel virus, pardon que dis-je ? Corona virus qui tournent aux GAG ne sont pas du tout à mon gout. Ces personnes n’imaginent pas les réelles répercutions s’il advenait que l’Afrique enregistre de nombreux cas simultanément. Nos systèmes de santé pour faire riposte ne pourrons tenir, de même l’on ne mourra pas seulement de ce virus mais l’incapacité de faire face à l’épidémie vas laisser qu’on ne pourra plus s’occuper des anciennes pathologies qui nous ferons perdre encore des personnes en hospitalisation pour d’autres pathologies. Rien que d’y penser, j’ai peur. J’ai vraiment peur.
Je fus tiré de ma réflexion par le klaxon du chauffeur. Un passager est descendu après un kilomètre de route avant Awandjalo. Le chauffeur me demande de retourner à l’arrière pour être à l’aise. On était tellement coincé à la cabine que je priais que cette situation se présente. Mais quand je me suis souvenu du vieux, Walayi ! J’ai refusé. J’ai tenue les herbes. Pour la première fois, l’œil du passager se sentait à l’aise en étant coincé à la cabine que d’être derrière près d’un suspect de la tuberculose où de je ne sais quoi ?
A toutes les victimes de ce nouveau virus, nous présentons toutes nos condoléances. Prompt rétablissement aux malades. Vivement qu’un remède soit rapidement trouvé par nos toubibs. Associations et média, ne vous lasser pas de sensibiliser sur les précautions à observer. Chers internautes, tamisez toutes les informations qui arrivent à propos de ce virus sur vos portables. Il s’agit bel et bien d’une pandémie. Ne prenez rien à la légère. Dieu ait pitié de nous !

C’était l’œil du passager par ATCHAM Aposto

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